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Le 30 janvier 2009

Tempêtes et réseaux électriques : précisions supplémentaires…

En complément de ce qui a été dit dans notre communiqué 004-09 du 28 janvier écoulé, nous tenons à rappeler que de très importants dégâts ont été occasionnés aux réseaux électriques français au cours des trois dernières décennies.

Outre les tempêtes de décembre 1999, qui occasionnèrent plus de 25 milliards de francs de pertes pour EDF, on dénombre, depuis 1985, une dizaine d’incidents climatiques ayant engendré des pertes financières importantes pour les gestionnaires de réseaux. Il s’agit essentiellement de phénomènes ayant généré des vents dont la vitesse était supérieure à 150 km/h mais aussi de coups de froid provoquant la formation de manchons de neige ou de glace autour des conducteurs des lignes aériennes. Ces deux types de phénomènes ont toujours des consé-quences graves pour les réseaux beaucoup trop tributaires des lignes aériennes.

Fig.1 : graphique illustrant la différence de fiabilité entre lignes aériennes et liaisons souterraines sur le réseau MT/HTA des régies intercommunales de la région de Liège. On remarque nettement l’incidence des conditions climatiques sur le nombre de déclenchements ayant entraîné une interruption de fourniture. En 1990, année marquée par d’importantes perturbations atmosphériques, le nombre de pannes pour 100 km de réseau fut 4,23 fois plus important en aérien qu’en souterrain. On notera que le taux de pannes survenant sur les réseaux souterrains liégeois s’est nettement amélioré depuis la mise en service des câbles à isolation synthétique, à la fin des années 80. Il est aujourd’hui inférieur à 5 pannes pour 100km et par an et la majorité de ces pannes est à mettre sur le compte des anciens câbles toujours en service (parfois depuis plus de 40 ans). Document extrait de « Flash-Inter », périodique de l’association pour la promotion des intercommunales liégeoises – n° 90 – Janvier 1995). En France, le taux moyen d’avaries sur les réseaux MT/HTA souterrain est actuellement de l’ordre de 2,5 pour 100 km et par an. Il était un peu supérieur à 7 en 1979. Depuis 1981, EDF ne pose plus que des câbles à isolation synthétique.


C’est dans la nuit du 15 au 16 octobre 1987 qu’un ouragan allait dévaster la Bretagne et une partie de la Normandie, avec des rafales atteignant et dépassant 240 km/h. Outre neuf morts et une soixantaine de blessés, cet ouragan allait occasionner des dommages considérables aux réseaux d’EDF. 1.250.000 abonnés furent privés d’électricité, certains d’entre eux pendant cinq semaines.

Dans l’une des éditions du quotidien « Ouest France », on pouvait lire : « Les dégâts au réseau ont été énormes. Certes, il y eut le vent, les arbres qui déchirent les fils, mais un autre agent est venu contrarier les travaux de réparation : du sel s’est déposé sur les isolateurs des lignes proches de la côte, provoquant d’innom-brables courts-circuits… on mesure à quel point l’agriculture est devenue tributaire de l’énergie… plus de courant et c’est le chauffage, les ventilations, les systèmes automatiques d’alimentation qui défaillent… Dans les laiteries, une partie de la collecte s’est perdue faute de réfrigération… des fromageries ont dû cesser leur fabrication ».

Chez EDF, on minimisera. Comme d’habitude, ce sera la « faute à pas de chance » car il n’est pas question de faire son « mea culpa ». Et pourtant, si les réseaux avaient été enterrés, rien de tout cela ne serait arrivé !


Idem en juillet 1989 lorsqu’une tornade s’abat sur l’Aquitaine. Les rafales sont bien moins violentes qu’en Bretagne mais elles suffisent pour provoquer la chute d’un pylône supportant une ligne 400 kV qui va entraîner la chute de sept autres pylônes selon le principe du « château de cartes ». Cette ligne EHT/400 kV transportait le courant produit par la centrale du Blayais. Elle sera mise hors service sur plusieurs kilomètres et trois postes seront également endommagés. Les dégâts s’élèveront à plusieurs dizaines de millions de francs.


Dans l’Est de la France, mais aussi dans le Languedoc-Roussillon, ce sont les coups de froid qui perturberont et endommageront les réseaux de manière répétitive. Les basses températures entraînent la formation de manchons de glace qui provoquent, par voie de conséquence, des ruptures de conducteurs et même des chutes de pylônes lorsque le vent s'en mêle. Pour chaque décennie, les dégâts imputables aux intempéries se chiffrent en milliards de francs.

Dans l’Ain, en décembre 1990, les chutes de neige seront à l’origine des dysfonctionnements des réseaux. Dans « La Vie Electrique », on pouvait lire : « … Dans une cave de la préfecture, un comité de crise gère les nombreuses conséquences de cette neige qui s’abat sur le département et que l’on avait, ces dernières années, oubliée. Les routes bloquées, plusieurs lignes à haute tension tombées… 3 postes sources hors service, le TGV empêché de circuler, c’est près de 20% des clients de l’Ain qui en sont privés (de l’électricité) … ». Et à l’instar de Ouest-France, LVE constate : « Que dire des vaches dans les fermes sans courant, qui n’ont jamais été traites à la main et qui donnent des coups de patte quand on les approche… ». Il faudra une semaine pour établir toutes les coupures. L’hiver suivant, ce sera au tour du Languedoc-Roussillon de subir les effets de la neige collante.

Pylône
effondré sous l'effet de la glace qui s'est
accumulée sur les conducteurs (Québec-Janvier 1998)

Pylône effondré sous l’effet de la glace qui s’est accumulée sur les conducteurs (Québec-Janvier 1998). Ce type d’accident est fréquent sur les réseaux aériens, même dans des régions du monde soumises à des conditions hivernales sévères (ce qui est le cas de la province du Québec). En France, EDF a fréquemment été confrontée à des incidents de ce genre (pluie verglassante et neige collante). Lorsque les chutes de conducteurs et de pylônes surviennent dans des régions montagneuses, les réparations sont particulièrement difficiles à effectuer.

Ces trois documents émanent de la même direction toulousaine d’EDF :
coûts3
coûts4
coûts2

Ces trois extraits de documents émanant de la même direction d’EDF démontrent les manipulations en ce qui concerne les coûts. Cette entreprise se trahit avec ses propres contradictions. Deux de ces documents sont pourtant des documents à caractère officiel (études d’impact).

Au début de février 1996, c’est à nouveau la côte atlantique qui subit les effets des vents hivernaux. Au début de février, l’ouest et le sud-ouest de la France sont confrontés à des vents atteignant 178 km/h à la pointe du Raz et 179 km/h au Cap Ferret. Le bilan sera de deux morts et les dégâts seront considérables. En Bretagne, plus 100.000 abonnés d’EDF sont sans courant. Dans le sud-ouest, c’est plus de 260.000 abonnés qui sont privés d’électricité.

Viendront ensuite, les deux tempêtes de décembre 1999 qui affecteront la quasi-totalité du territoire français et dont les effets dévastateurs sont bien connus.

tempêtes de février 1996 avec indication du
nombre d'abonnés privés d'électricité
AGRANDIR

Infographie AFP pour les tempêtes de février 1996 avec indication du nombre d’abonnés privés d’électricité – La Dépêche du Midi – 9 février 1996.


Ces quelques exemples sont là pour nous rappeler que les incidents climatiques susceptibles de provoquer d’importants dégâts aux réseaux électriques sont loin d’être exceptionnels. Pour un pays comme la France, ils se reproduisent en moyenne tous les trois ou quatre ans (*) et ils peuvent affecter n’importe quelle partie du territoire (*).


Les excuses d’EDF et de ses filiales (ERDF et RTE) sont donc irrecevables. Il y a fort longtemps que des mesures de sécurisation et d’assainissement des réseaux auraient dû être prises. En réalité, ces entreprises n’ont jamais cessé de pratiquer une politique de gestion à la petite semaine, routinière et dangereusement conditionnée par les intérêts spécifiques des entreprises privées qui constituent le puissant « lobby de l’aérien ». Un lobby qui lutte, contre vents et marées (c’est le cas de le dire), contre l’enfouissement des réseaux. En effet, si les accidents climatiques engendrent des pertes énormes pour les gestionnaires de réseaux (mais aussi pour les clients d’EDF), elles génèrent des profits considérables pour certains industriels (fabricants de pylônes, fabricants de chaînes d’isolateurs,…) et pour les firmes privées auxquelles EDF et consorts sous-traitent les marchés relatifs à la cons-truction, à l’entretien et à la réparation des lignes aériennes. Des firmes derrière lesquelles on voit se profiler d’importants groupes bancaires qui ne s’intéressent qu’au rendement financier à court terme.


Il est d’ailleurs extrêmement difficile de se faire une idée précise de ce que les accidents climatiques coûtent à EDF et à ses filiales. Dans ce domaine (comme dans tous les domaines qui concernent les coûts des réseaux), l’entreprise publique n’a jamais été d’une grande transparence. C’est tout juste si nous disposons d’une réponse parlementaire faite, par le ministre de l’Industrie, au député Michel Barnier. Cette réponse du 12 mars 1990, concernait le coût des dégâts occasionnés aux réseaux HTB, THT et EHT (63-400 kV) par les tempêtes survenues depuis le 1er janvier 1990. Selon le ministre de l’Industrie, cela représentait « environ » 35 millions de francs. Et le ministre avait tenu à préciser que cette somme représentait « unique-ment le montant des travaux réalisés par Electricité de France ». Ce montant ne prenait donc pas en compte les travaux effectués par des sous-traitants.


Il est donc très difficile, dans ces conditions, de calculer de façon précise, le coût des dégâts occasionnés par les intempéries. Toutefois, si l’on considère que les seules tempêtes de 1999 ont coûté quelques 30 milliards de francs, on peut penser que, depuis 1985, la facture globale doit se situer entre 50 et 60 milliards de FF, soit 8 à 9 milliards d’euros (environ). Or, si nous considérons le prix coûtant, au mètre courant, des ouvrages souterrains de type MT/HTA (moyennes tensions), nous pou-vons calculer qu’avec 60 milliards de francs français, on pouvait enfouir entre 25.000 et 30.000 km de lignes MT. (***)

Ce calcul se base sur un article publié dans le n° 258 de « La Vie Electrique » (Février 1994) où l’on pouvait lire, à propos des solutions MT souterraines : « Pas plus chère que l’aérien – 220 francs le mètre (**) – mais tellement mieux acceptée par la population… ». Et Michel Maillot, responsable des travaux d’EDF pour le département de la Côte d’Or d’ajouter : « C’était devenu pénible de négocier les conventions de passage avec les agriculteurs » (****).

Puisque, de l’aveu même d’un responsable des travaux d’EDF, le coût d’une liaison souterraine MT n’est pas plus élevé que celui qui résulte de la construction d’une ligne aérienne, on peut légitimement se demander pourquoi EDF a persisté dans sa volonté de remplacer ses lignes aérienne détruites par d’autres lignes aériennes identiquement vulnérables. En engloutissant des millions et des milliards de francs en pure perte. La seule réponse valable à cette question est celle qui met en cause le lobby de l’aérien et l’énorme influence qu’il exerce au sein d’EDF, de ses filiale et de son ministère de tutelle.


De ce qui précède, il résulte qu’EDF (et ses différentes filiales) n’a pas la maîtrise de ses programmes d’investissement, surtout en ce qui concerne ses réseaux de transport et de distribution. Comme le président du CEPHES l’a maintes fois démontré dans ses rapports d’expert, ces programmes demeurent conditionnés par les pressions qu’exercent des groupements d’entreprises privées (et autres « syndicats professionnels » comme Gimélec) eux-mêmes inféodés à des orga-nismes financiers.

Cette situation est plus que préoccupante en ce sens où les ingénieurs et les techniciens se trouvent obligés de se conformer à des impératifs qui ne sont, ni techniques, ni économiques ; à des impératifs qui relèvent de la spéculation finan-cière à court terme, pour ne pas dire de la simple cupidité d’un certain actionnariat (celui des principaux sous-traitants et fournisseurs d’EDF et de RTE).


Dans une lettre datée du 28 janvier écoulé, Daniel Depris a fait part de ses inquiétudes au président de la république. Il y accuse les dirigeants du lobby électronucléaire mais aussi une certaine forme d’ « élitisme à la française » qui n’est pas nécessairement de très bon aloi. Voici un extrait significatif de cette lettre :

« … En fait, les conséquences dramatiques de la tempête qui vient de dévaster le sud-ouest (que je connais bien puisque j’ai résidé douze ans à Toulouse) sont la conséquence d’un système politico-industriel extrêmement pernicieux. Un système qui repose sur des castes de prétendues « élites républicaines » et qui permet de camoufler toutes sortes de magouilles financières. C’est d’ailleurs pour éviter que je dénonce publiquement ces méthodes que l’on s’arrange, depuis près de vingt ans, pour m’écarter le plus possible des débats institutionnels. Ce qui ne m’a d’ailleurs jamais empêché d’intervenir, en ma qualité d’expert, dans presque tous les dossiers ayant trait aux projets du duo EDF-RTE et notamment dans les deux grands débats publics organisés sous l’égide du gouvernement (PACA en 1998 et Pyrénées Orientales en 2003). Et je suis à nouveau pressenti pour intervenir dans le dossier du projet « Cotentin-Maine » qui promet une belle bataille juridico-administrative.

Je tiens cependant à bien insister sur le fait que je n’ai jamais refusé de dialo-guer avec qui que ce soit. Ce sont les dirigeants d’EDF-RTE et du ministère de l’Industrie qui refusent systématiquement de participer à un dialogue digne de ce nom. Ils persistent à fonctionner comme des psychopathes qui n’admettent pas que l’on puisse émettre une opinion différente de la leur ; à fortiori que l’on conteste leurs méthodes. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce genre d’attitude n’est ni républicaine (au sens de « res publica »), ni démocratique.

Cette situation, plus que regrettable, s’auto-entretient du fait de la présence, pour le moins envahissante et excessive, des agents du lobby électronucléaire dans toutes les structures décisionnelles. C’est bien évidemment le cas au sein du minis-tère de l’Industrie mais c’est aussi le cas dans les structures régionales et départe-mentales. A Toulouse, la plupart des postes de la cellule « énergie » de la région Midi-Pyrénées étaient (et sont sans doute encore) occupés par des agents détachés d’EDF. Et tout ce petit monde se comporte en « bons petits soldats » du lobby qui lui assure un bon emploi et des avantages divers et variés (pour ne pas dire « exces-sifs »).

Dans de telles conditions, les réformes indispensables ne peuvent pas être mises en œuvre et les dysfonctionnements persisteront. Ils risquent même d’aller en s’aggravant. Car la situation des réseaux électriques français est plus que préoccu-pante et tout retard supplémentaire ne peut que conduire à la catastrophe dans les dix années à venir 

… C’est à ce niveau-là que se situe le nœud gordien du problème. Un nœud qu’il faudrait trancher d’un solide coup d’épée si l’on veut éviter de graves problèmes dans les années à venir. Il n’est pas admissible que la politique énergétique d’un pays tel que la France soit conditionnée par les seuls intérêts de groupes qui ne considèrent que les profits à court et moyen termes. Des groupes qui se lavent les mains lorsque l’ensemble des secteurs économiques sont affectés par des interrup-tions de fourniture électrique de grande ampleur.

Tout comme les financiers qui ont fait basculer l’économie mondiale du fait de leurs spéculations hasardeuses, les dirigeants des entreprises qui composent le lobby électronucléaire se comportent comme des irresponsables. Alors même qu’ils ont la possibilité de se reconvertir à moyen et long terme, ils s’enferment dans un système qui repose sur l’immobilisme, la routine et le court terme. C’est à la fois absurde et criminel. Cela démontre, en tous cas, que des prétendus « grands patrons » peuvent se comporter bien plus comme des imbéciles que comme des dirigeants clairvoyants. Nous le savions déjà depuis l’affaire du Crédit Lyonnais (qui ne date pas d’hier) mais, manifestement, les nombreux dérapages du système n’ont pas servi à grand-chose sur le plan politique. Le système continue à tourner en rond et, dans la plupart des cas, on prend les mêmes et on recommence. Sans parler des « conseils d’administration » où l’on nomme de superbes potiches dont on sait qu’elles « ne feront pas de vagues » (ex : EDF)…

… Bien plus que le système politique lui-même, c’est, à mon humble avis, le système para-politique qui doit être réformé rapidement. C’est au niveau des « cabinets » que les réformes s’imposent puisque c’est à ce niveau-là que les politi-ques s’élaborent. Il est de plus en plus indispensable de donner un statut juridique à ces structures qui, jusqu’à présent, ont échappé à toute forme de sanction et, souvent même, au contrôle de l’appareil politique. A tel point que des dirigeants politiques de haut niveau se sont trouvés gravement compromis du seul fait des agis-sements de membres de leurs cabinets qui, eux, ne couraient pas le moindre risque, ni sur le plan juridique, ni sur le plan de leur carrière. Mais je suis certain que vous êtes conscient de ce problème depuis belle lurette…

Trop de gens, dans les structures décisionnelles, se contentent de cogiter dans leur confortable petite bulle, entre amis du même milieu. Rares sont les décideurs de haut niveau qui vont sur le terrain pour s’imprégner véritablement des problèmes concrets sauf, peut-être, pour « se montrer ». D’où la rupture de plus en plus profonde que l’on constate entre les « gens de terrain » (comme moi) et ceux que JF. Kahn a fort justement qualifié de « bullocrates ». Que n’ais-je rencontré de représentants d’EDF et de RTE qui se présentaient devant un préfet et devant les élus avec une connaissance purement théorique du projet qu’ils étaient supposés défendre ? Ils ne s’étaient jamais rendus sur place, ils n’avaient jamais questionné les personnes concernées. C’est aberrant si l’on sait qu’il est impossible de concevoir un ouvrage électrique en ne se basant que sur des plans et des documents (qui sont fréquemment obsolètes et farcis d’erreurs). Dans le cas de mon étude relative au projet dit « du Verdon », j’ai passé dix jours dans la région concernée et j’ai parcouru plus de 350 km pour examiner, sur place, les différents problèmes posés par le projet de RTE.

Je peux aussi mentionner le cas de M. Alain Juppé qui a décidé d’annuler «politiquement » le projet de ligne 400 kV dit « du Louron » après s’être rendu sur place en compagnie de Mme Lepage. Aurait-il pris cette décision courageuse s’il s’était contenté de rester dans son bureau de Matignon ?…

Les solutions existent, tant sur le plan technique que sur le plan financier. Il s’agit seulement de sortir des ornières et de réorienter la politique énergétique vers les véritables priorités. En France, la première des priorités n’est pas de construire de nouvelles centrales nucléaires (puisque la production « de base » est notoirement excédentaire), que cela plaise ou non aux actionnaires de Framatome et consorts. La priorité des priorités doit être accordée à la sécurisation des réseaux pour les raisons qui sont évoquées dans le communiqué 004-09 mais aussi pour les motifs de sécu-rité nationale que j’ai abordées dans mon précédent courrier.

Il s’agit donc de reconsidérer l’utilisation des crédits disponibles, ce qui n’a rien de bien compliqué dès que l’on parvient à se libérer des pressions sectorielles émanant des lobbies. J’ai calculé que, depuis la création de l’entreprise EDF, les sommes dilapidées ou détournées se montent à environ 600 milliards de francs français, soit quelques 10 milliards de francs par an. Et l’on cherche à faire croire qu’EDF et RTE « manquent de moyens financiers » ? Comme je l’ai dit lors d’une réunion en préfecture de Gironde, ce qui a manqué à l’entreprise EDF, ce ne sont pas les capitaux, ce sont les gestionnaires capables de les utiliser à bon escient !… ».


Ces extraits de la lettre du président du CEPHES au président Sarkozy mettent l’accent sur les véritables problèmes, ceux-là même que l’on préfère, en général, ne pas évoquer dans un monde politique qui, trop souvent, continue à pratiquer la « langue de bois ».

Le 20 septembre 2007, M. Cédric Goubet – chef de cabinet de l’Elysée – avait répondu à une première lettre que Daniel Depris avait adressée à Nicolas Sarkozy dès le 20 mai. Cette lettre abordait déjà la problématique des réseaux électriques et elle était accompagnée d’un exemplaire de l’ouvrage que le président du CEPHES a consacré aux réseaux souterrains, immergés et sous-marins. Un ouvrage qui est bien parvenu au palais de l’Elysée puisque M. Goubet écrivait « …Le Chef de l’Etat tient également à vous remercier pour l’intéressant ouvrage que vous joigniez à votre courrier, dont il a pris connaissance avec attention… ».

Même s’il ne s’agit là que d’une formule de politesse conventionnelle, nous considérons que la présidence de la république a été valablement informée des risques qui pèsent depuis plusieurs décennies sur les réseaux électriques français et, par delà, sur l’ensemble de l’activité économique et sociale de la France mais également des solutions qui existent. Par sa lettre du 28 janvier, Daniel Depris a mis les points sur les « i » en désignant les vrais coupables.

Son courrier recevra-t-il une réponse ? Ce n’est pas certain puisque nous savons que, lorsqu’elles sont confrontées à des sujets « délicats », les « élites de la république » préfèrent généralement éviter de laisser des traces écrites qui pour-raient les compromettre d’une manière ou d’une autre. Elles s’enferment dans leur bulle, bien au chaud, à l’abri des « perturbations extérieures ».

Quel homme (ou femme) politique aura le courage de s’attaquer aux « pontes » du lobby le plus puissant de France ? It is the question. The first and the real question !


(*) Les DOM-TOM ne sont pas pris en considération dans cette analyse qui ne concerne que la France métropolitaine. Aux Antilles, les ondes tropicales et les cyclones représentent un danger quasi permanent.


(**) Il ne s’agit ici que du coût immédiat, celui de l’investissement (matériel + travaux). Mais si l’on calcule en termes d’amortissement à moyen et long termes, la solution souterraine sera toujours beaucoup plus rentable donc globalement moins chère. On tiendra compte du fait que, dans le domaine de la moyenne tension, le recours quasi systématique à la pose mécanisée a considérablement réduit les coûts. Composé d’une charrue-fileuse et d’une dérouleuse, le train mécanisé peut poser jusqu’à 2 km de circuits triphasés par jour. Pour les sols « difficiles », on utilise d’autres matériels adaptés aux conditions particulières. La « pelle araignée » permet même de poser des câbles souterrains sur des terrains en très forte pente (jusqu’à 80%, voir ci-dessous).


(***) La longueur actuelle du réseau MT français est un peu inférieure à 600.000 km dont les deux tiers sont toujours aériens. En enfouissant 20 à 30.000 km supplémentaire, on pouvait réaliser l’objectif de sécurisation défini en juillet 2000 par la direction générale d’EDF… mais toujours pas réalisé à ce jour (voir notre précédent communiqué).


(****) Cette petite phrase est significative du fait qu’EDF enterre ses lignes bien plus du fait des pressions extérieures que de sa propre initiative et ce, bien que les coûts à l’investis-sement soient identiques. Ce sont les procédures d’opposition qui font céder EDF et ses filiales, pas les arguments relatifs à la sécurité des réseaux. S’il n’y a pas d’oppositions, ce sont les arguments du lobby de l’aérien et des banquiers qui prédominent.

Pose mécanisée MT
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Pelle-araignée LVE sept 1993
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A gauche, un train mécanisé pour la pose des câbles MT en milieu rural (cliché Pirelli – Direction Midi-Pyrénées).

A droite, un article de « La Vie Electrique » (septembre 1993) présentant la « pelle araignée » permettant de poser des câbles le long des pentes. Ce matériel a été mis au point par une firme sous-traitante (entreprise de terrassement Denard) qui avait été appelée à poser des câbles pour l’agence Pyrénées-Béarn d’EDF sur le territoire des communes de Lauruns et Louvie-Soubiron. Cet article prouve que les câbles BT et MT peuvent être enfouis dans tous les types de sol et même dans des conditions extrêmes.

 

 

 

Respecter le bocage est très proche de de la ligne éditoriale
respecter le bocage est un bon soutien a l'enfouissement pour lequel l'association milite avec justesse et ténacité.

http://www.respecterlebocage.com/arguments.html  tres proche de la ligne editoriale n est ce pas?

http://www.respecterlebocage.com/soutien.html

.../...Selon Yannick Favennec, la Mayenne sera donc traitée « de la même façon » que les Pyrénées. « Un cabinet indépendant sera, prochainement, mandaté pour étudier la faisabilité de cet enfouissement », lui a promis Jean-Louis Borloo.Yannick Favennec rencontre ce mardi soir Jean-Louis Borloo, pour aborder le problème de l'enfouissement de la ligne THT. [Ouest France - 20 mai 2008]

Tempêtes et réseaux électriques : à propos des éternels mensonges du duo EDF-RTE…et de la politique française en matière de réseaux de transport et de distribution…  Lire...2009 apres les trois tempetes de cet hiver ... le communiqué du CEPHES !!!!!!!

La tempete de 1999 nous a appris que nous n allons pas reprendre les memes solutions et payer derechef ... c est une vitrine qu il faur a RTE EDF  - et pas une solution  en aerien qui va nous sortir d affaire , la faillite de 1999 .

 on a mal inauguré le 21 e Siecle et ca suffit les C ...
 http://www.annales.org/ri/2002/425/piketty031-35.pdf

Ma gran'tante Edfrte  , elle vit au 19 eme siecle !!! , elle ne craint ni les tempetes ni les leucemies infantiles a son age , mais realise t elle qu elle vit au niveau de l'Irlande , alors qu elle dit aussi qu elle est la cinquieme puissance du Monde??

 
un pavé technique de 202 pages  très simple à lire

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respecter le bocage est un bon soutien
vous aurez à un grand profit à aller consulter le site "respectez le bocage"
l'association respecter le bocage à travers son de l'e-mail

L'association étudie l'enfouissement depuis des années
l'association considère le doublement de la ligne actuelle comme une possibilité

l'idée de rejoindre la Bretagne par une ligne sous-marine est aussi envisageableVideos  Photos

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 nouvelles perspectives pour le 21 eme Siecle-  2008 et plus

eN SAVOIR plus

http://www.cgm.org/rapports/edf/reseau.PDF  la securisation par Les MINES

Etat des lignes de la région    Ca suffit ! soit 2 144 km en 400 000 volts

·         Publié: mardi 25 mars 2008, 13:16 par     http://seine-maritime.info

9 054 C 'est le nombre de km, sur le réseau Normandie-Paris, de lignes électriques aériennes à haute et très haute tension, soit  2 144  km en 400 000 volts, 2 478  km en 225 000 volts, 2 707 km en 90 000 volts et  1 725 km en 63 000 volts. 

sinistre vision - arretez , nous ne voulons absolument pas revivre cela -

Etat des lignes de la région    Ca suffit !

Il passe du courant en Normandie mais hélas pas de TGV comme train à grande vitesse ou alors il passe si vite que nous ne sommes pas au courant..../...

                

 

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