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004-09
Le 28 janvier 2009

Tempêtes et réseaux électriques :in CEPHES

à propos des éternels mensonges du duo EDF-RTE…et de la politique française en matière de réseaux de transport et de distribution…

La violente tempête qui a affecté le sud-ouest de la France en cette fin du mois de janvier 2009 nous a permis de relever, une fois encore, les nombreux mensonges diffusés par la Dircom d’EDF et de RTE.

Il s’agit, tout comme au début de l’année 2000,  de mensonges relatifs aux réseaux électriques souterrains, immergés et sous-marins, un sujet que le président du CEPHES connaît bien puisqu’il demeure, à l’heure actuelle, le seul expert indépendant dans ce domaine très spécialisé. Il est aussi, rappelons-le, l’auteur d’un ouvrage (paru en 1998) qui fait autorité en cette matière (et qui demeure d’actualité) ainsi que de nombreux rapports ayant trait aux réseaux électriques.

réseaux électriques souterrains, immergés et sous-marinsRapport Aurore

Notons également qu’en décembre 2000, Daniel Depris avait participé à l’émission « anniversaire tempêtes » de la rédaction nationale de FR 3 et qu’il avait, à cette occasion, dénoncé la politique menée par les entreprises françaises en matière de réseaux de transport et de distribution d’électricité. Son opinion avait, par ailleurs, été répercutée dans un article publié, dès le 20 janvier 2000, par l’hebdomadaire « L’Express ». Cet article était intitulé « Lignes enterrées : EDF accélère – L’électricien national avait toujours rechigné à enfouir ses câbles, les dégâts provoqués par le vent l’incitent à forcer la cadence » et on pouvait y lire la mention suivante :

«EDF revient de loin. Pendant des décennies, l’enfouissement des lignes ne fut pas d’actualité. C’était même un tabou pour les responsables de l’entreprise. Selon Daniel Depris, expert indépendant, deux raisons à cette politique : « la part trop belle faite aux centrales nucléaires, qui laissait peu de place aux autres investissements, et la connivence avec les industriels producteurs de matériels destinés aux lignes aériennes ».

article du 20 janvier 2000, hebdomadaire L Express, Lignes enterrées : EDF accélère. L électricien national avait toujours rechigné à enfouir ses câbles, les dégâts provoqués par le vent l incitent à forcer la cadence
AGRANDIR : l'image - le texte

Tout est dit dans ces quelques lignes et rien n’a changé depuis les tempêtes de 1999. L’enfouissement des ouvrages de transport d’électricité est toujours un sujet tabou chez EDF-RTE et la politique générale de gestion des réseaux est demeurée globalement inchangée. Concrètement, EDF n’a pas « accéléré » grand-chose. Après chaque grosse tempête (et l’on en dénombre une dizaine depuis le début des années 70), le gestionnaire des réseaux français rebricole ses lignes aériennes et ne procède finalement à aucune sécurisation de ses réseaux qui soit digne de ce nom.

Article  France Soir en date du 3 avril 2000
AGRANDIR

Cet article fut publié par « France Soir » en date du 3 avril 2000. Trois mois seulement après les tempêtes de décembre 1999, il était clair que rien ne changeait dans la politique d’EDF et du ministère de l’Industrie.

Les raisons évoquées par Daniel Depris en 2000 sont aussi demeurées inchangées. Il faut en effet considérer le fait que la plus grosse part des moyens financiers demeure allouée au parc de production, essentiellement nucléaire, et que les crédits alloués aux réseaux sont notoirement insuffisants. Ce dont les ingénieurs chargés desdits réseaux sont les premiers à convenir. Le président du CEPHES s’est fréquemment entretenu avec des ingénieurs d’EDF et de RTE qui se plaignent amèrement du peu de moyens dont ils disposent pour assainir et sécuriser leurs réseaux. Ils ne se plaignent toutefois qu’en aparté car il leur est interdit de faire part publiquement de leurs inquiétudes et de leurs mécontentements.

La seconde raison demeure aussi d’actualité. Elle réside dans le conflit d’intérêt très ancien qui oppose le « lobby de l’aérien » au « lobby du souterrain ». Car les secteurs industriels qui travaillent dans le domaine des lignes aériennes ne sont pas les mêmes que ceux qui travaillent dans le domaine des réseaux souter-rains, immergés et sous-marins. Et, pour des raisons historiques, le lobby de l’aérien est beaucoup plus « proche » d’EDF-RTE que le lobby du souterrain. Sans parler des intérêts financiers sous-jacents et souvent « occultes », le lobby de l’aérien étant contrôlé par des groupes bancaires très puissants (comme le groupe Paribas via la SA Eiffage et ses filiales). Ces conflits d’intérêt ont été mis en évidence par Daniel Depris dans plusieurs de ses expertises, notamment en Martinique où il est apparu clairement que la Sté Norélec – qui détient un monopole de sous-traitance pour EDF (et qui se trouve être une filiale à 100% de la SA Eiffage) avait fait pression sur les autorités préfectorales pour faire abandonner un projet de liaison sous-marine au profit d’une ligne aérienne (dossier Lamentin-Petit Bourg).


Il existe donc une très réelle mauvaise volonté de la part du lobby électro-nucléaire français en ce qui concerne la sécurisation des réseaux de transport (63-400 kV) et de distribution (BT et MT). Et c’est toujours la population qui fait les frais de l’opération lorsque survient un accident climatique de grande ampleur (tempêtes, formation de manchons de glace,…). Il est donc lamentable d’évoquer « la faute à pas de chance » dans une affaire où la capacité de gestion des dirigeants d’EDF et de RTE devrait être clairement et publiquement mise en cause.

Nous ne pouvons que constater une chose : les leçons de 1999-2000 n’ont servi à rien. Les dirigeants d’EDF et de RTE sont retombés dans la routine de leurs vieilles combines et de leurs vieilles habitudes.

Ils persistent aussi à diffuser des mensonges « énormes » en ce qui concerne l’enfouissement des réseaux et ce, pour tenter de faire croire à la population (mais aussi aux élus, aux décideurs administratifs et aux journalistes) que l’enfouissement desdits réseaux est « impossible » ou « pose problème ». Ce qui est faux et archi-faux comme nous l’avons maintes fois démontré (voir nos nombreux communiqués relatifs aux réseaux souterrains et les ouvrages de D. Depris). Il n’y a là que désin-formation et manipulation, souvent avec la complicité des services de l’Etat français (notamment ceux du ministère de l’Industrie).

Parmi les mensonges « archi classiques » relevons :

Celui qui consiste à affirmer qu’il est « impossible d’enfouir la haute et la très haute tension ». Rappelons que le réseau HT et THT de la ville de Paris est enfoui à 100 % depuis très longtemps (1920 pour la HT et 1935 pour les premiers câbles THT) ; que la Sté des Câbles de Lyon fabriquait déjà des câbles 500 kV à la fin des années 50 et qu’EDF a commencé à enfouir des tronçons de câbles 400 kV dans le courant des années 60. Il existe même un câble Pirelli de type UHT qui peut fonctionner sous 1.100 kV (en courant alternatif) et qui est homologué en Italie depuis 1985. Dans le monde, on dénombre actuellement plus de 1.500 km de liaisons souterraines triphasées en classe EHT (300 à 600 kV).

Celui qui consiste à prétendre que les ouvrages souterrains seraient vulnérables en cas d’inondation. C’est un argument hautement ridicule et indigne de dirigeants d’une compagnie d’électricité. Les câbles sont parfaitement étanches, de même que les jonctions entre longueurs de câbles. Les chambres de visite (qui contiennent les jonctions) peuvent donc être inondées sans que le réseau soit affecté par l’eau (ça arrive d’ailleurs assez souvent). En outre, les câbles pour réseaux souterrains sont du même type que ceux qui sont utilisés pour les réseaux immergés, autrement dit ceux qui sont posés dans des lacs ou dans des cours d’eau. Les câbles sous-marins sont aussi de même nature avec une protection supplémentaire pour éviter les « agressions externes » (notamment par certains mollusques qui se fixent sur les câbles posés au fond de la mer).

Celui qui consiste à prétendre que les ouvrages souterrains seraient vulnérables en cas de glissement de terrain. C’est faux car les câbles ont une certaine souplesse et, au pire, on ne risque qu’une rupture de jonction qui serait vite réparée. Par contre, les lignes aériennes sont beaucoup plus sensibles aux mouvements de terrain et s’effondrent lorsqu’ils sont trop importants. Ce qui provoque des dégâts très importants, longs à réparer.

Celui qui consiste à affirmer que les ouvrages souterrains sont plus longs à réparer que les lignes aériennes. C’est globalement faux. D’autant que le taux de panne sur les réseaux souterrains, immergés et sous-marins est extrêmement faible. Avec les câbles modernes, les « pannes sur câble » (défaut affectant le câble lui-même) sont à peu près nulles et les défauts de jonctions très rares (et facilement réparables). Par contre, il faut mobiliser des moyens techniques et humains considérables lorsque les réseaux aériens sont gravement affectés.

Celui qui consiste à dire que « c’est trop cher ». L’argument financier est un faux argument puisqu’il est aisément démontrable que les réseaux non aériens sont toujours plus rentables à long terme que les lignes aériennes, surtout lorsque des incidents climatiques à répétition viennent alourdir la note des « dépenses impondérables ». Au cours des dix dernières années, les incidents climatiques auront coûté entre 5 et 6 milliards d’euros à EDF et RTE.

Les réseaux non aériens ont aussi l’avantage de préserver l’environnement et de réduire considérablement (si pas totalement) les risques sanitaires liés aux champs électriques et magnétiques que génèrent les lignes qui transportent du courant alternatif.

Il faut aussi tenir compte du fait que le marché des câbles est particulièrement « opaque ». Des plaintes pour surfacturation ont été déposées à plusieurs reprises à l’encontre de certains fournisseurs d’EDF et de RTE (notamment l’ex groupe Alcatel Câbles devenu Nexans). A plusieurs reprises, Daniel Depris a constaté que les coûts avancés par EDF et RTE – à propos d’ouvrages souterrains – relevaient de la pure fantaisie et de la manipulation. Dans certains cas, le coût annoncé par EDF était dix fois supérieur à la réalité. Mais à ce jour, aucune plainte n’a pu aboutir (malgré les enquêtes menées, notamment, par la brigade économique et financière du parquet de Nanterre). Il semble que, du côté des « autorités de l’Etat », on ne soit pas trop pressé de mettre un terme aux manœuvres frauduleuses qui sont commises, depuis un demi-siècle, avec la complicité active d’EDF et du ministère de l’Industrie.

Car il est utile de rappeler que la construction des réseaux n’incombe pas à EDF et à sa filiale RTE. Elle incombe à des sous-traitants qui sont des entreprises privées et qui, bien souvent, n’ont pratiquement qu’un seul client : EDF et ses filiales. Pour une entreprise comme Sediver (qui fabrique des chaînes d’isolateurs pour pylônes) ou Petijean (qui fabrique les pylônes), les réseaux souterrains ne présentent aucun intérêt. Il en va de même pour des dizaines d’autres sous-traitants qui réalisent des bénéfices énormes en construisant ou en entretenant les réseaux aériens. Ils ont tous intérêt à ce que la politique des réseaux ne change pas trop rapidement. Ils ont même intérêt à ce que lesdits réseaux soient régulièrement détruits par des incidents climatiques. Tel est le véritable nœud du problème. Un nœud que la direction d’EDF et de RTE ne risque pas d’évoquer. C’est le sujet « tabou » par excellence !


Enfin, il est intéressant de rappeler que les tempêtes affectent surtout les réseaux dits « de distribution » (basses et moyennes tension) qui sont montés sur des poteaux ou des pylônes n’ayant qu’une faible résistance mécanique et qui sont aussi très souvent affectés par des chutes d’arbres. C’est la rupture de ces réseaux BT et MT (ou HTA) qui prive un grand nombre de clients de leur électricité.

Actuellement, le réseau BT/MT français comporte encore quelques 800.000 km de lignes aériennes, alors même que les câbles souterrains de type 20-30 kV existent depuis… 1895 ! (*) Le retard considérable qui a été pris par la France en matière d’enfouissement de ses réseaux BT/MT est indéniablement imputable à la politique du « tout nucléaire » qui a mobilisé l’essentiel des capitaux depuis le début des années 70. Et au train où vont les choses, il faudra environ 50 à 60 ans pour que la France parvienne au même niveau que l’Allemagne (où 78% de ces réseaux sont souterrains ou immergés). A la condition que d’autres accidents climatiques ne viennent pas s’ajouter aux précédents, ce qui entraînerait inéluctablement EDF et RTE vers la catastrophe financière !

C’est à « ces beaux messieurs de l’Ecole des Mines » qu’il conviendrait de demander des comptes car ce sont eux qui ont entraîné la France dans une politique énergétique ruineuse et hasardeuse. Sans oublier les politiciens incompétents qui, depuis des décennies, se laissent mener par le bout du nez par cette clique de prétendus « spécialistes » qui, bien souvent, se comportent en agents actifs des grands lobbies industriels et financiers. Ceux-là mêmes qui sont responsables de la crise économique dont nous subissons actuellement les effets.

Ce qui est regrettable, dans cette affaire, c’est que la plupart des respon-sables échappent à toute sanction. Pire encore, on dissimule la vérité au public et aux élus afin qu’aucune sanction ne puisse être prise, qu’aucune mesure efficace ne puisse être adoptée. En France, on appelle ça « l’esprit de corps » ! ! !


(*) Dans son ouvrage publié en 1927 chez Flammarion, Lucien Poincaré écrivait « …en 1900, on voyait à l’Exposition, un câble (triphasé) qui pouvait supporter 30.000 volts ; aujourd’hui, on peut en faire qui résistent à une tension de 100.000 volts… nous avons notamment, autour de Paris, un réseau de câbles à la tension de 60.000 volts efficaces… ». Le catalogue général des « Câbles de Lyon » pour l’année 1960 donne les caractéristiques des câbles « pour tensions supérieures à 425 kV », notamment d’un câble 500 kV pour liaison triphasée de 1.400 MVA qui avait été fabriqué pour les besoins du réseau suédois.


En ce qui concerne la FIRÉ (Force d’Intervention Rapide Electricité), créée en 2000 par François Roussely (président d’EDF), elle n’a, jusqu’à présent, jamais rempli ses objectifs tels qu’ils étaient définis dans le dossier d’information intitulé « EDF tire les enseignements des tempêtes de 1999 » (document Dircom EDF du 3 juillet 2000). En effet, à la page 3 de ce document, on peut lire :

«  - Premier objectif : En cas de catastrophe identique, EDF se fixe comme objectif de pouvoir réalimenter 80% des clients privés d’électricité en 24 heures et 95% en 120 heures… Pour cela, EDF vient de créer la Firé. Cette organisation sera capable de mobiliser en permanence des équipes d’experts d’EDF, capables de diagnostiquer sans délai les situations et intervenir sur tout le territoire.

Deuxième objectif : Améliorer la résistance des réseaux aux aléas climatiques de tous les réseaux (sic) (THT, HT, MT, BT)…

Troisième objectif : Disposer en permanence, quelle que soit l’évolution du secteur électrique, des professionnels capables de gérer de telles crises… ».


A la page 8 de ce même document, la direction générale d’EDF reconnaissait que la fragilité du réseau français était inhérente « à un réseau de dizaine de milliers de kilomètres basse tension majoritairement aérien en raison de la très faible densité de population sur la plus grande partie du territoire français ». C’est l’aveu d’une politique qui demeure fondée sur la notion de taux de rentabilité immédiate (TRI) en fonction du nombre de clients par kilomètre. Les réseaux ruraux n’intéressent pas les gestionnaires de réseaux du seul fait du faible nombre de clients par km qu’ils alimentent. EDF persiste donc à laisser ces réseaux en l’état, à ne rien investir pour leur rénovation et leur sécurisation, alors même qu’ils sont les plus vulnérables.

Toujours à la page 8, on pouvait aussi lire que la vulnérabilité du réseau français était inhérente « … à l’importance de la forêt française, en expansion depuis des décennies et pour longtemps encore. Les tempêtes ont montré que la cohabitation entre arbres et lignes était difficile (plus de 9 avaries sur 10 sur les lignes avaient pour origine des dégâts causés aux arbres par le vent). Ceci est particulièrement vrai pour la moyenne tension… ». EDF reconnaissait également que la fragilité de ses réseaux tenait « aux normes de construction et à leur mise en œuvre… ».

Parmi les mesures proposées, la direction d’EDF préconisait :

pour les réseaux BT : la sécurisation de 36.000 points de livraison afin de garantir à chaque commune une alimentation minimale en cas de tempête. En précisant « Cette sécurisation peut prendre en particulier la forme d’un enfouissement d’au moins une ligne par poste de distribution. Elle toucherait donc non seulement le réseau à construire mais également le réseau existant. Le coût d’une telle mesure est de l’ordre de 1,2 à 1,5 milliards d’euros ».

pour les réseaux MT/HTA : « Un objectif consiste à éliminer la plus grande partie du risque d’interaction entre arbres et lignes, soit en enfouissant une partie des lignes, soit en les éloignant des arbres. Le coût d’une telle mesure est de l’ordre de 4,6 milliards d’euros ».

EDF prévoyait que le coût minimal de la sécurisation de ses réseaux serait de l’ordre de 7 à 8 milliards d’euros.0


Nous constatons qu’aucun de ces objectifs n’a été atteint. La Firé demeure incapable de rétablir 80% de l’alimentation dans les 24 heures et 95% dans les 120 heures, même en faisant appel à des aides extérieures. Quant aux mesures de sécurisation, elles sont restées lettre morte près de dix ans après avoir été énoncées. La tempête de ce mois de janvier 2009 a causé les mêmes dégâts qu’en 1999 pour les mêmes raisons (la majorité des coupures étant dues à la fragilité du matériel et à la proximité entre arbres et lignes). La mesure visant à pouvoir alimenter TOUTES les communes par au moins un ouvrage sécurisé n’a pas été réalisée.

Les raisons profondes de cette incurie sont toujours les mêmes. Ce sont celles qui ont été énoncées au début du présent communiqué : manque de capitaux pour la sécurisation des réseaux et conflit entre lobbies industriels et financiers.

En tout état de cause, c’est la gestion globale d’EDF et de RTE qui est en cause. Si des experts sont nécessaires, ce n’est pas tant pour analyser les causes des dégâts causés par les intempéries (qui sont connues depuis des lustres) mais pour analyser les graves dysfonctionnements qui persistent au sein du secteur français de l’énergie. A la condition, bien évidemment, que ces experts soient véritablement indépendants des « corps » qui phagocytent ce secteur depuis des décennies.

Le mal qui affecte EDF et RTE est l’expression du « mal français » bien connu des politologues et des analystes lucides. C’est un mal qui découle d’une hyper concentration des pouvoirs décisionnels entre les mains d’une prétendue « élite républicaine » qui prétend tout savoir mais qui n’est guère spécialisée que dans l’art de la magouille politico-financière. C’est cette « élite » qui est responsable des dérives financières et économiques dont nous subissons les effets. C’est elle qui est responsable de la très mauvaise gestion des réseaux électriques français et des problèmes chroniques qui en découlent pour la population, essen-tiellement dans les zones rurales.

Si aucune mesure RADICALE n’est adoptée dans les mois à venir, la situation ne fera qu’empirer au point de devenir catastrophique si d’autres incidents climatiques graves venaient à survenir dans les mois et années à venir.


Dans le rapport de 430 pages qu’il a rédigé, en 2004, pour le compte de l’association interdépartementale et intercommunale du Verdon, Daniel Depris avait abordé la problémati-que de la vulnérabilité des lignes aériennes. A titre documentaire, nous reproduisons une partie du chapitre 5 de ce rapport qui fut l’un des documents qui emporta la décision du Conseil d’Etat.


5.1 – Vulnérabilité des lignes aériennes de transport d’électricité


5.1.1 – Vulnérabilité aux incidents climatiques


Les lignes aériennes de transport et de distribution d’énergie électrique sont connues pour les très nombreux problèmes qu’elles génèrent.

Nous détaillerons, dans un autre chapitre de la présente étude, les problèmes liés à la protection de l’environnement et de la santé publique.


Il convient d’abord, à ce stade de notre travail, de rappeler que les lignes aériennes constituent le « maillon faible » des systèmes électriques. Elles sont, en effet, très vulnérables vis-à-vis des incidents climatologiques et géologiques. Il nous suffira de rappeler que les tempêtes de décembre 1999 provoquèrent des interrup-tions conséquentes des fournitures mais aussi et surtout plus de 4 milliards d’euros de dégâts et pertes diverses.

Les décideurs politiques et administratifs ne peuvent pas ignorer qu’un pays fortement développé, tel que la France, ne peut subir, sans dommages, les effets d’une importante interruption de ses approvisionnements énergétiques. Or, les climatologues et les météorologistes sont quasiment unanimes à reconnaître que, depuis une vingtaine d’années, l’on assiste à un accroissement très net des incidents et catastrophes découlant de la perturbation de divers phénomènes géophysiques qui sont aujourd’hui parfaitement connus.

Parmi ces incidents graves, il faut mentionner les fortes pluies, les tempêtes, les ouragans et autres tornades qui affectent de plus en plus fréquemment l’intérieur des terres des pays d’Europe occidentale. Cette évolution inquiétante semble dûe, en grande partie, à une modification du cheminement du « courant jet » (Jet stream) (*) dont les vents violents de haute altitude déterminent le positionnement et l’amplitude des zones dépressionnaires. Nombreux sont les spécialistes qui estiment que cette modification découle elle-même du réchauffement général de l’atmosphère.

Quoi qu’il en soit, il apparaît nettement que les incidents climatiques graves ont quasiment doublé au cours des 25 dernières années et le phénomène semble s’accélérer au fil des années.

Or, il est aisé de calculer que si une tempête majeure (du genre de celle de 1999) venait à affecter la France dans les dix prochaines années, l’équilibre financier de la société propriétaire des réseaux de transport (EDF), et de la société qui exploite lesdits réseaux (RTE), serait gravement menacé. Une troisième tempête intervenant dans le même laps de temps acculerait automatiquement les deux entreprises à la faillite (**). Sans parler des dommages économiques considérables qui résulteraient de ces catastrophes.

Il est donc pour le moins déraisonnable de persister dans la volonté de structurer un réseau de grand transport autour d’un maillage quasi exclusivement aérien. Il s’agit d’un calcul de rendement à court terme (***) qui peut avoir des conséquences socio-économiques – et même politiques – incalculables. Il va à l’encontre des impératifs de sécurité les plus élémentaires en matière de stratégie énergétique. Le bon sens voudrait, tout au contraire, qu’une part importante du maillage EHT/THT/HT (400/225/90-63 kV) soit réalisée selon le mode non aérien (ouvrages souterrains, immergés ou sous-marins selon les cas d’espèce). Ce maillage non aérien pourrait suppléer, du moins en partie, à une perte des sections majeures du maillage aérien…


(*) Pour mémoire, les « jet stream » sont des courants de haute altitude (7.000 à 10.000 mètres en ordre moyen) qui circulent en spirale entre les régions tropicales et subpolaires. Les vents y atteignent des vitesses comprises entre 120 à 360 km/h. Le courant jet de l’hémisphère nord prend naissance dans le secteur des îles Canaries et des déserts d’Afrique du Nord. Il traverse l’Asie, l’océan Pacifique, les Etats-Unis, l’Atlantique Nord et termine normalement sa course au large de l’Islande. Il devrait donc n’affecter l’Europe continentale que très rarement mais, depuis un peu plus d’une décennie, les modifications du positionnement de l’anticyclone des Açores ramène le courant jet plus au Sud et plus à l’Est. Il lui arrive ainsi de traverser beaucoup plus fréquemment les territoires situés à l’intérieur des terres. Ce fut notamment le cas en décembre 1999. Aux USA, c’est le Jet Stream qui est responsable des tornades géantes et dévastatrices des plaines du sud et du centre (Tornado Alley).


(**) D’autant que, sans la protection qui lui est assurée par l’Etat français depuis sa fondation, EDF aurait d’ores et déjà été mise en faillite (voir par ailleurs).


(***) Ce type de calcul découle d’une notion chère aux ingénieurs d’affaires d’EDF et de RTE. C’est la notion du « TRI » (Taux de Rentabilité Immédiate). Elle relève de la spéculation financière, non de la stricte logique d’exploitation et de sécurité.


5.1.1.2 – Autres problèmes liés à la climatologie


Au registre des incidents climatiques, il faut aussi appréhender les épisodes de neige collante et de givre. Il en résulte des manchons de glace qui se constituent autour des conducteurs jusqu’à provoquer leur rupture ou l’effondrement des supports. Ce type de problème affecte très régulièrement les réseaux français, toutes classes de tension confondues…

… Les lignes aériennes peuvent aussi s’effondrer en cas de glissement de terrain, lorsque des supports sont installés à flanc de montagne ou de colline. Elles sont identiquement vulnérables aux secousses sismiques.

C’est ce qui s’est passé en Martinique, en novembre 1991, lorsqu’un pylône s’est trouvé déstabilisé à la suite d’un léger mouvement du sol. Cela se passait aux portes de Fort-de-France et la catastrophe fut évitée de justesse puisque les conduc-teurs sous tension de la ligne à 63.000 volts tombèrent dans la cour de l’école maternelle et primaire du quartier de Châteauboeuf (voir page suivante). Fort heureusement, il était six heures du matin et la cour était vide…


…Ces quelques explications - que nous avons tenté de rendre accessibles au plus grand nombre en évitant les formules inutilement compliquées - permettent d’appréhender la très grande complexité des problèmes liés à la résistance mécanique des lignes aériennes. Elles permettent de comprendre que, si l’on n’adopte pas des marges de sécurité importantes (qui augmentent considérablement le coût des ouvrages), on ne peut pas garantir l’approvisionnement d’une région donnée en n’ayant recours qu’à des ouvrages aériens.

C’est ce que refusent d’admettre les ingénieurs d’affaire des grandes compagnies et ce, malgré les évidences. Il est vrai qu’ils sont payés pour construire des lignes aériennes au moindre coût et qu’il leur est interdit de s’écarter du credo de leur entreprise et des instances étatiques (sous peine de sanctions en tous genres)…


… Il conviendrait surtout qu’EDF et RTE soit sommés de fournir des données vérifiables en ce qui concerne le coût des réparations imputables aux intempéries et aux accidents climatiques et géologiques. A ce jour, toutes les informations données par ces entreprises à ce sujet se sont avérées tronquées, lacunaires ou carrément fausses.

Ce fut notamment le cas le 12 mars 1990, lors d’une réponse du ministre de l’Industrie à une question parlementaire (n°15678) formulée par le député Michel Barnier. A cette époque, EDF avait prétendu que les tempêtes de février 1990 n’avaient occasionné que 35 millions de francs de dégâts.

Le député Barnier avait demandé que soit produite une étude comparative des coûts et avantages d’une politique systématique de mise en souterrain des lignes électriques par rapport au coût global et réel des dégâts occasionnés aux lignes aériennes (réparation, reconstruction, pertes d’exploitation directes et indirectes pour EDF et ses clients,…). Il n’était manifestement pas satisfait d’une première réponse qui lui avait été donnée lors de la séance du 5 mars de la même année (réponse à la question n° 15326) et qui relevait, selon l’usage, de la désinformation pure et simple.

A notre connaissance, l’étude comparative demandée par M. Michel Barnier n’a jamais été réalisée…


5.2 - Conclusions du chapitre 5


Compte tenu de ce qui vient d’être énoncé, le choix du « tout aérien » (ou presque, comme cela demeure le cas en France) relève de l’inconscience.

C’est un pari sur l’avenir qui ne répond qu’à une logique financière à court terme. C’est un pari très dangereux, une véritable hypothèque sur l’avenir.


Les réseaux non aériens pallient aux inconvénients très graves qui viennent d’être présentés, tout en préservant l’environnement et la santé des personnes amenées à vivre (ou à travailler) à proximité des réseaux électriques à courant alternatif (*).

Ils ne peuvent être affectés par des incidents climatiques que de façon réellement exceptionnelle et, de ce fait, rarissime. Ni les vents violents, ni la neige, ni les vagues de froid ne peuvent affecter leur fonctionnement. Il n’y a guère qu’un séisme ou un glissement de terrain de grande ampleur qui puisse provoquer des ruptures de câbles.

Les câbles souterrains, immergés et sous-marins sont très rarement endom-magés à la suite d’une agression accidentelle. Le taux de panne sur les réseaux non aériens est extrêmement faible (selon statistiques EDF sur 20 années d’exploitation en région parisienne, voir page suivante) alors qu’il est toujours important avec les lignes aériennes. Dans le cas des câbles modernes à isolation synthétique (en usage depuis un quart de siècle pour les tensions de 225 et 400 kV et depuis près de 50 ans pour les tensions de 63 et 90 kV), le risque de « claquage » d’un câble est pratiquement nul, cependant que les pannes dites « de jonction » sont peu fréquentes et réparables dans des délais très courts (du fait des jonctions préfa-briquées et testées en usine qui remplacent aujourd’hui les jonctions rubanées réalisées sur place). On peut admettre que, pour des liaisons souterraines correctement établies, le risque de panne sur câble (**) est actuellement de l’ordre de 1 défaut sur 20 ans et pour 100 km de câbles. Les pannes affectant les lignes aériennes sont 20 à 30 fois plus nombreuses, comme le confirment les statistiques non manipulées des compagnies exploitantes.

Cela n’a pas empêché un ministre de l’Industrie de dire exactement le contraire (le 5 mars 1990) dans le cadre d’une réponse à l’une des questions posées par le député Michel Barnier (voir ce qui a été dit à ce sujet).

Il est particulièrement significatif de noter que plus le taux d’enfouissement des ouvrages est important et plus la qualité de fourniture est élevée. Les pays où le durée d’indisponibilité du courant (coupures au cours desquelles les clients ne sont plus alimentés) est la plus grande sont ceux qui ont le taux d’enfouissement le plus bas.

C’est ce que confirme un graphique présenté par les porte-parole de la société belge Electrabel lors d’une conférence de presse qui s’était tenue en 1992 (voir page suivante). On voit que les Pays-Bas et la Belgique ont une qualité de service qui est, en moyenne, très correcte tandis que la France et l’Italie sont les mauvais élèves de la classe (240 minutes d’indisponibilité pour la France en 1989 et 200 minutes pour l’Italie). Or, les Pays-Bas ont un taux maximal d’enfouissement (100%) en classes BT et HTA tandis que la Belgique frise les 80% pour ces mêmes classes de tension.

Il convient, par ailleurs, de faire remarquer que la toute grande majorité des coupures de courant sont imputables aux lignes aériennes de type BT/HTA (basse tension et moyenne tension) et non aux ouvrages de transport de type HTB, THT et EHT. Un incident survenant sur une ligne de transport aura rarement des consé-quences au niveau de la clientèle du fait du maillage des réseaux de grand transport et de répartition.

Il n’en va pas de même pour les réseaux de distribution aériens d’EDF, lesquels ne sont pas systématiquement bouclés. En décembre 1999 - comme dans la plupart des évènements majeurs liés à des problèmes climatiques – la majorité des coupures furent à mettre au compte des réseaux BT et HTA. En France, plus d’un million de kilomètres de lignes BT/HTA (*) sont encore aériennes. Elles sont, en outre, souvent très mal entretenues…(**)


(*) D’après les chiffres de l’année 2002. A la fin de l’année 2008, EDF avançait le chiffre de 800.000 km. La situation a toutefois fort peu évolué dans les zones rurales à faible renta-bilité. C’est dans les zones périurbaines qu’EDF a concentré son effort d’enfouissement. Ce qui va à l’encontre des objectifs définis par la Dircom de cette entreprise en juillet 2000 et qui visaient à sécuriser les régions les plus vulnérables. Globalement, la politique menée par EDF et RTE demeure conditionnée par des impératifs « économiques », non par une volonté de sécurisation et d’assainissement.


(**) Le mauvais état général des réseaux aériens français a été maintes fois constaté par D. Depris lors de ses travaux d’expertise. Il a été confirmé, devant les caméras de la télévision par des électriciens allemands venus au secours des agents d’EDF en décembre 1999. Dans le sud-ouest de la France, certains ouvrages datent des années 20 et n’ont jamais été véritablement rénovés (comme mentionné dans le rapport de D. Depris pour le compte de « Quercy Blanc Environnement » - Octobre 2000).


…Il est indéniable, depuis longtemps déjà, que les réseaux souterrains sont bien plus fiables que les réseaux aériens sur le plan strictement technique. La réponse qui a été faite au député Barnier, en mars 1990, constitue donc un exemple flagrant de désinformation au niveau des instances supérieurs de l’Etat puisque l’on peut y trouver la mention suivante : « … sur le réseau 225 kV, le nombre d’avaries est en moyenne cinq à dix fois plus élevé en souterrain qu’en aérien pour une longueur de circuit donnée… »…


Ces courts extraits du rapport du président du CEPHES prouvent que ce qui vient d’arriver était parfaitement prévisible et, pour ainsi dire, inéluctable. En ce mois de janvier 2009, c’est bel et bien la conjonction d’une dépression océanique et d’un « jet stream » qui a engendré les vents violents qui ont dévasté le sud-ouest de la France. Les prévisions de Daniel Depris se sont également révélées exactes en ce qui concerne l’impact financier d’une seconde tempête violente survenant dans la décennie qui a suivi les tempêtes de 1999. Et il est exact qu’un troisième incident climatique de grande ampleur entraînerait la faillite d’EDF et de RTE.

D’autre part, la plus extrême opacité persiste en ce qui concerne les opéra-tions financières effectuées par EDF et RTE en ce qui concerne les réseaux de transport et de distribution d’électricité. Une opacité qui, de toute évidence, permet de couvrir des manœuvres de surfacturation et des infractions quasi permanentes aux législations relatives aux marchés (absence d’appels d’offre, etc…). Nous notons également une persistance de la volonté de désinformation et de manipulation des décideurs politiques et administratifs ainsi que de la presse et de l’opinion publique.

La politique française, en matière de réseaux électriques, est tout bonnement suicidaire. D’autant que les menaces qui pèsent sur lesdits réseaux ne sont pas uniquement climatiques. Et rien ne changera aussi longtemps que la mentalité dite « de corps » persistera au sein d’EDF de ses filiales mais aussi du CEA et du ministère de l’Industrie.

Nous pensons que, dans le domaine de la politique énergétique, le pouvoir décisionnel doit revenir à de véritables spécialistes qui soient réellement indépen-dants des grands lobbies industriels et financiers. Il convient donc de débarrasser les cabinets ministériels des agents des lobbies qui s’y trouvent infiltrés en qualité de « conseillers » ou d’ «experts ». C’est la condition sine qua non d’une politique réso-lument saine et honnête. Il convient identiquement que les conseils d’administration d’EDF et de RTE soient composés de personnes authentiquement compétentes et non de potiches diverses et variées qui obéissent au doigt et à l’œil aux injonctions des directions générales de ces entreprises, autrement dit aux lobbies qui se dissimulent depuis des décennies derrière lesdites directions générales (*).

Le problème n’est donc pas exclusivement technique. Il est d’abord de nature politique car la France n’est toujours pas sortie d’une vision de la politique éner-gétique qui date des années 60-70 et qui s’est révélée totalement erronée. Il ne nous appartient toutefois pas de développer ici les aspects multiples de cette problé-matique politico-industrielle complexe.


(*) Ces lobbies sont bien connus des spécialistes. Il s’agit des grands groupes industriels qui régissent le domaine électronucléaire et le domaine des réseaux de transport et de distri-bution (Alsthom, Schneider, CEA Industries, Sediver, Petitjean, Eiffage, etc…). Ce sont ces lobbies qui font la politique énergétique française depuis des décennies. Il est faux de croire que ce sont les décideurs politiques qui contrôlent cette politique qui génère des profits colossaux pour ces grands groupes, au détriment des contribuables et des consommateurs qui paient, directement ou indirectement, le coût des erreurs et des dysfonctionnements, notamment lors des incidents climatiques. On retrouve ici les mêmes mécanismes pervers qui ont été à l’origine de la crise financière et bancaire, avec des gestionnaires irres-ponsables et la nécessité de palier à cette irresponsabilité en faisant appel aux fonds publics, autrement dit à l’argent de tous les contribuables.

A gauche, vue en coupe d'un câble 66 kV produit au début des années 20 (Document ACEC-1924). A droite, vue en coupe du câble 500 kV produit par les Câbles de Lyon à la fin des années 50 (catalogue des Câbles de Lyon 1960).

A gauche, vue en coupe d’un câble 66 kV produit au début des années 20 (Document ACEC-1924). A droite, vue en coupe du câble 500 kV produit par les Câbles de Lyon à la fin des années 50 (catalogue des Câbles de Lyon – 1960).


Quelques documents relatifs aux réseaux souterrains :


Réseaux électriques souterrains, immergés et sous-marins D. Depris – 1998.

Câbles isolés moyenne, haute et très haute tensions – Argaut (Silec), Dejean (Pirelli), Dorison (EDF) et Siméon (Alcatel Câbles) – RGE – Décembre 1992.

Moyennes tensions : vers l’invisible à 100% - LVE – Septembre 1992.

Réseau souterrain : comment repérer/réparer rapidement les défauts – LVE – Novembre 1991. On peut y apprendre que, depuis le début des années 90, un défaut peut être « traité en deux heures ».

La moyenne tension sous terre – LVE – Avril 1991.

Le retour d’expérience français dans le domaine des câbles à très hautes tensions à isolation synthétique extrudée – Cigré session 1990 – communi-cation 21-101 de MM. Lepers, Pays et Riot (EDF).

Le câble moyenne tension à isolation synthétique – Monographie technique éditée par EDF International – Septembre 1987.

The new 20 kV cable of the french MV power system – MM. Paris et Pinet – IEEE summer meeting – Juillet 1979.

Catalogues des sociétés câblières.

 

 

 

Le 2 novembre 2008 http://depris.cephes.free.fr

Grands réseaux de transport d’électricité… enfouissement des ouvrages de type HT, THT, EHT et UHT en courant alternatif… rappels historiques…

Dans l’un de nos précédents communiqués (001-08 du 12 janvier 2008), nous avons évoqué le fait que le gouvernement français avait fini par admettre que l’on pouvait parfaitement enfouir les ouvrages de grand transport d’électricité de type 380-400 kV. C’est ce qu’avait toujours affirmé Daniel Depris, président du CEPHES, et ce, depuis les années 80 (voir son livre consacré aux ouvrages souterrains, immergés et sous-marins publié en 1998 et toujours d’actualité).

Il n’empêche que RTE (subdivision d’EDF) continue à faire de la résistance en affirmant à présent qu’il est impossible d’enfouir les ouvrages 400 kV dont la longueur serait supérieure à 30-40 km. Il va sans dire que cette affirmation est toute aussi mensongère que celles qui consistaient à dire que « la haute et la très haute tension, ça ne s’enfouit pas, ce n’est pas possible techniquement » (affirmation faite sur TF1 par Gilles Ménage, président d’EDF, audible sur notre site).


Pour mémoire, on enterre la « haute tension » (HT : 50-150 kV) en région parisienne depuis 1920 et la « très haute tension » (THT : 150 à 300 kV) depuis 1935 (toujours en région parisienne). En ce qui concerne les « extra hautes tensions » (EHT : 300 à 600 kV), le premier ouvrage souterrain fut réalisé par des ingénieurs allemands, en 1942, dans la région de Vienne (Autriche). Enfin, il n’est pas inutile de rappeler que le groupe Pirelli Cavi a fait homologuer un câble UHT (Ultra Hautes Tensions : 600 à 1.200 kV) dès 1985.

Cependant, les premiers câbles souterrains furent fabriqués en France vers 1898 et présentés à l’exposition universelle de 1900 (Paris). Ils pouvaient déjà supporter les tensions les plus élevées de l’époque (30 kV). Aujourd’hui, il existe une très grande variété de câbles destinés aux liaisons souterraines, immergées et sous-marines et il est tout à fait possible de concevoir des ouvrages EHT dont la longueur est de l’ordre de la centaine de kilomètres.

Il conviendrait donc que les ingénieurs et porte-parole de RTE (et autres entreprises du même genre) cessent de prendre les gens pour des imbéciles en continuant à colporter des contrevérités qu’il est facile de mettre en évidence et qui se retournent in fine contre leurs auteurs. De façon générale, nous pouvons affirmer, de notre côté, que l’on peut enfouir n’importe quel ouvrage de transport en ayant recours à l’une ou l’autre des technologies actuellement disponibles. Il appartient aux experts et aux ingénieurs de déterminer le type de technologie qui est le mieux adapté en fonction des caractéristiques techniques et économiques du cahier des charges. Les ouvrages sont ensuite réalisés par les compagnies câblières travaillant pour le compte des compagnies exploitantes (RTE dans le cas de la France).

câble 66kV ACEC1924Câble 500 kV de 1958 (Câble de Lyon)

Ci-dessus, à gauche, vue en coupe d’un câble HT/66 kV produit, au début des années 20, par la câblerie des ACEC (Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi). A droite, un câble EHT-500 kV produit, vers 1958, par le groupe des Câbles de Lyon (qui deviendra Alcatel câbles avant de se fondre dans le groupe Nexans). Aujourd’hui, la câblerie de Marcinelle-Charleroi fabrique les câbles HT/THT/EHT pour le compte de Nexans (en lieu et place des usines de Calais).

Echantillon de câble à huile Pirelli TMX GP-600 kV produit en France, en 1968, pour le compte d’EDF (Photo D. Depris)
Echantillon de câble à huile Pirelli TMX GP-600 kV produit en France, en 1968, pour le compte d’EDF (Photo D. Depris)

Echantillon de câble sous-marin (Pirelli)
Echantillon de câble sous-marin (Pirelli)

Câbles Silythène (Silec) 400-500 kV homologués par EDF depuis 1985
Echantillons de câbles 400-500 kV de type XLPE produits dans le courant des années 80-90 par la câblerie SILEC de Montereau, homologués par EDF depuis 1985.

câble supraconducteur (SC) développé aux Etats-Unis par Pirelli et AMSC (société américaine dont EDF est actionnaire). Il a été mis en exploitation dès 2000 dans la ville de Détroit
Ci-dessus, échantillon du câble supraconducteur (SC) développé aux Etats-Unis par Pirelli et AMSC (société américaine dont EDF est actionnaire). Il a été mis en exploitation dès 2000 dans la ville de Détroit.

Ci-dessous, un texte extrait d’une plaquette éditée par EDF-International au début des années 90. Elle était consacrée aux câbles de puissance à isolation synthétique qui sont classiquement utilisés pour les ouvrages souterrains depuis plusieurs décennies.

plaquette DER

Ligne d'essai CIG EDF-ABB 1997

Une ligne d’essai pour une canalisation de type CIG-LIG (isolation gazeuse) destinée au transport des tensions EHT-UHT sur de très grandes distances. Il ne s’agit plus de câbles mais de canalisations métalliques qui contiennent les conducteurs de phases et un gaz isolant (photo ABB-EDF datant des années 90). Voir nos communiqués relatifs à la technologie CIG.

 

Il est donc absurde et inconvenant de persister à colporter des sornettes en ce qui concerne l’enfouissement des ouvrages de type 380-400 kV et les compagnies exploitantes ne doivent s’en prendre qu’à elles-mêmes lorsque des opposants aux lignes aériennes bloquent longuement les projets en cours. Les menteurs profes-sionnels sont victimes de leurs propres mensonges. Ce fut le cas dans TOUS les dossiers dans lesquels Daniel Depris est intervenu – en sa qualité d’expert – au cours des quinze dernières années.

Il n’en demeure pas moins que chaque dossier demeure un cas d’espèce. Il n’existe pas de « prêt à poser » dans le domaine des ouvrages de transport d’électricité. Chaque projet doit faire l’objet d’une étude spécifique et détaillée qui implique de prendre en considération tous les aspects du dossier, qu’ils soient d’ordre technique, économique ou environnemental (y compris les aspects relatifs à la santé humaine et animale).


Pour plus de renseignements : voir nos communiqués relatifs aux ouvrages de transport d’électricité et aux projets en cours. Voir aussi le livre que D. Depris a consacré aux ouvrages souterrains, immergés et sous-marins (disponible auprès du CEPHES).

 
logo cephes Comité Européen pour la protection de l’Habitat, de l’Environnement et de la Santé
Editeur responsable : Daniel DEPRIS - Site Internet :  http://depris.cephes.free.fr 
Communiqués de presse  2008 

 

 

Mais que veut dire le taux d' enfouissement ZERO-ZERO des lignes 400 000 V pour

notre glorieuse FRANCE ? ???  graphique proprement revelateur:

comment peut-on imaginer que pratiquement 0 km soit enfoui alors que au Danemark en Corée en Autriche ou en Grande-Bretagne les choses sont plus modernes et avancées ???

in

Sur ce tableau, on lit que le Danemark est le premier pays européen a utiliser la technique de l’enfouissement, et qu’il a enterré 4 % de la tranche de lignes de 315-500 kV. La Corée en a enfouie pratiquement autant, et il faut savoir que ce pays est la 4ème puissance du monde (qu’elle a ravit cette place à la France qui est 5ème). 

 

 

 

 

 

 

Vous avez une explication en-dessous qui est la clef de la réussite d’une ligne enfouie ou off-shore, en trèfle. Les fuites en Tesla sont à zéro comme indiqué sur le graphique, de même que les milli-ampères au mètre.

On lira avec profit les TESLA d une ligne enterrée tres faibles http://depris.cephes.free.fr/presscom/2008/003/index.html

http://depris.cephes.free.fr/presscom/2008/020/index.html  L espagne et la France vont ils il enterrer ou enfouissement en mer OFFSHORE
 
bretagne espagne  meme combat offshore !
 

http://www.cesr-basse-normandie.fr/publications/2044_avis.pdf  diverses considerations sur l enterree en basse Normandie

Pour en sa    voir plus les fournisseurs de RTE/EDF  Nexans

http://www.nexans.fr/eservice/France-fr_FR/navigate_113330_40_2608/Reseaux_d_energie.html

et Pirelli :

comment imaginer une baisse de la consommation : par la supraconductivité dans les moteurs et les transformateurs http://depris.cephes.free.fr/presscom/2003/006/

par Olivier Daniélo août 2007   A propos du Courant Continu HDVC

…/…Avec la technologie HDVC (Hight Voltage Direct Current, Courant Continu Haute Tension) les pertes sont inférieures à 3% pour 1000km (câbles sous-marins). Cette technologie, qui a fait ses preuves, est aujourd’hui utilisée dans le monde entier.

"Already today it is quite possible to transmit power in the order of 6000 MW per line over a distance from Sahara to central and even northern Europe . To transmit 700 TWh would need a transmission capacity of around 150 GW. This means that around 25 lines would be needed at a total cost (European conditions) of around 60 billion EUR or approx 0,5 Eurocent/KWh..." - Gunnar Asplund , ABB Power systems, Grid Systems, HVDC, 771 80 Ludvika, Sweden (source: TREC)

Voir aussi:
-http://www.engg.le.ac.uk/hvdc/...
-http://www.abb.com/cawp/gad021...
-http://www.engg.le.ac.uk/hvdc/...
-http://en.wikipedia.org/wiki/W...
-Le site du groupe Siemens 
.../....

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Le forage dirigé

Le forage dirigé franchit en se jouant les carrefours de Malakoff aussi bien que le canal de la Sambre

Thème(s) : Matériels et matériaux ; Ouvrages souterrains ;

Les travaux sans tranchée permettent de traverser en souterrain des voies de circulation, de franchir des cours d'eau, tout en évoluant à travers ou au-dessous de réseaux souterrains denses. La société MCCF, du groupe Solétanche Bachy, a de nombreuses cordes à son arc. Elle est en particulier experte dans la technique du forage dirigé qui, dans la gamme de diamètres de 200 à 600 mm, apporte une réponse particulièrement efficace et élégante à ces problèmes de franchissement. L'article explique d'abord le principe et la technologie du forage dirigé et présente ensuite deux applications récentes sur des chantiers de lignes électriques enterrées pour RTE (Réseaux Transport Électricité), l'un à Malakoff près de Paris, l'autre à Maubeuge dans le département du Nord.

0,62 Mo http://www.revue-travaux.fr/delia-CMS/index/article_id-1475/topic_id-122/le-forage-dirige-franchit-en-se-jouant-les-carrefours-de-malakoff.html  et  http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=18353364

Avantages

Avantage 1
Avantage 2
Avantage 3

Les gels et verglas

http://www.youtube.com/watch?v=eYUmdqQ94Ao&NR=1 par temps de gel de glace les lignes par terre

particulierement impressionnant !!!!!

Avantage 3

Etude d impact http://ecologue.free.fr/eie.pdf

 

manipulation   l enfouissement et ses techniques simplissimes en trefle http://depris.cephes.free.fr/flagrant/flagcomrte.htm

 

Wikipedia est tres decevant en THT off shore et enfouissement - a vos claviers - : 

câble souterrain [modifier]

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câble sous-marin [modifier]

Icône de détailArticle détaillé : Câble sous-marin.

Areva s'intéresse à l'ultra haute tension et achète le Finlandais ...

4 jan 2008 ... Areva s'intéresse à l'ultra haute Tension hn qui permet de transporter davantage d'électricité sans multiplier le nombre de lignes ....interessant et achete le Finlandais lliget achete le Finlandaisnesignes.

 

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